Si l'IA nous était co(mp)ntée

 

En 2026, l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies ne sont plus de simples concepts : elles deviennent de véritables ou­tils de productivité pour les entreprises de tous secteurs, potentiellement des outils de développement de services tarifés et accompagnés. Comment s’approprier l’IA et en faire un atout pour les cabinets d’expertise comp­table ? Le CEECA a son avis sur la question !...

Elle est sur toutes les lèvres, dans tous les esprits. Au travail comme à la mai­son, l’intelligence artificielle fait débat, questionne, étonne, inquiète… Mais à quoi l’IA sert-elle ? Est-elle l’avenir de l’homme, de l’employé, du patron ? Doit-on en avoir peur ou, au contraire, tenter de l’apprivoiser pour mieux avan­cer ? Ces questions-là, nous sommes des millions à nous les poser.

Tenter d’apporter des réponses est déjà un grand pas de franchi vers une adap­tation réussie à la « révolution techno­logique » qui fourbit ses armes. « Quelle que soit leur activité et quelles que soient, parfois aussi, leurs réticences, tous les dirigeants ont été ou seront un jour confrontés à l’IA, résume Bru­no Gratian, directeur du CEECA. Ne se­rait-ce que pour de la gestion de tâches répétitives et souvent rébarbatives, l’aide potentiellement apportée par l’intelligence artificielle est évidente. Il ne faut surtout pas la négliger. »

Négliger l’IA ? La profession comptable n’y pense même pas. Son centre de formation référent non plus qui a pris le sujet à bras-le-corps en inaugurant, en 2025, un parcours d’accompagnement dédié pour tout dirigeant de cabinet souhaitant se familiariser avec l’utilisa­tion des intelligences artificielles mais surtout développer leur application aux divers métiers de l’expertise comptable.

« Aujourd’hui, tous les cabinets fran­çais ont dépassé le stade de la dé­couverte, tous ont notamment eu la possibilité d’accéder à de l’IA gratuite, de type ChatGPT, reconnaît Bruno Gratian. Ce que nous leur proposons, plus activement, depuis février dernier, c’est une approche collective de ces IA, une écriture collective de scénarios sur des usages quotidiens, mais aussi, par exemple, sur l’accompagnement et le renforcement de la proximité avec les clients. Ou encore sur la valo­risation de la dimension de conseil de la profession. A ce titre, on s’est rendu compte que cette activité de conseil ne représentait que 20% du chiffre d’affaires des cabinets. Il y a de vrais et beaux scénarios à écrire dans le domaine, avec l’IA comme catalyseur d’énergie, mobilisatrice des compé­tences de chacun. »

Des circuits fermés et sécurisés

Depuis dix-huit mois, le CEECA a surtout travaillé sur la notion de gouvernance des IA et l’évolution des métiers. « 80% des collaborateurs utilisent l’intelli­gence artificielle individuellement, sans cadre de contrôle, poursuit son direc­teur. C’est vers cela que notre accom­pagnement s’efforce de les orienter. On veut les inciter à un usage encadré por­tant sur la hiérarchisation des données, leur utilisation, leur sécurisation..., la diffusion des informations clients... En termes de sécurité, notamment, toutes les parties prenantes doivent connaître l’existence de réseaux internes, de circuits fermés desquels les données propres à l’entreprise ne peuvent s’échapper. »

L’accompagnement des dirigeants et des collaborateurs « EC » de Nou­velle-Aquitaine est en marche. Depuis quelque temps déjà, il est complété par la formation de référents volontaires, chargés in fine du respect du cahier des charges sur l’utilisation de l’intel­ligence artificielle et le développement d’outils en interne. « L’encadrement et la gouvernance des IA deviennent de fait un sujet central, insiste Bruno Gratian. La capacité d’adaptation des collaborateurs va être aussi mise à contribution avec l’accompagnement des dirigeants dans une responsabilité autant que possible partagée grâce à la formation. »

De l’automatisation de tâches à, qui sait, un jour, la comptabilité prédictive, de l’analyse générative à l’audit en continu et le contrôle des anomalies de comptes (…), l’IA est en passe de transfigurer la topographie et de re­définir le travail même des cabinets. Nouvelles missions, nouveaux métiers, nouvelles mobilités internes, nouveaux profils à recruter... « Nous ne sommes qu’au début du processus de transfor­mation, admet le directeur du CEECA. Mais je pense que d’ici deux ou trois ans, tous les cabinets de la région se seront acculturés à l’usage des IA et au déploiement de scénarios dédiés. » C’est déjà demain !