Contrôle qualité, la Passion de l'échange

 

Les contrôles qualité menés par la commission du même nom sont garants du respect des normes et des bonnes pratiques régissant la profession d’expert-comptable. Pour le contrôleur comme pour le contrôlé, ces « vérifications d’usage » servent également de terreau à de jolis moments d’échange, d’information et de libération de la parole.

Ils sont une petite soixantaine à sillonner chaque année les routes des douze départements de Nouvelle-Aquitaine. Soixante experts-comptables missionés pour aller à la rencontre de leurs confrères et « faire en sorte qu’ils exercent leur métier le plus sereinement du monde ».

Depuis un an et demi, Marc Ellies assure, avec Axelle Trochu, la co-présidence de la commission « contrôle de qualité » du CRO. « Mais cela fait une vingtaine d’années que je suis contrôleur », sourit-il. Contrôleur ? Un rôle qui lui tient tellement à coeur qu’il en vante naturelle­ment les mérites. « Le premier message que j’aimerais passer à des confrères éventuellement intéressés par un tel engagement, c’est que le contrôleur apprend autant du contrôlé que le contrôlé apprend du contrôleur. Dans notre mission, la notion de partage confraternel est essentielle. » D’autant plus essentielle que lesdits contrôles, diligentés par le Conseil de l’Ordre tous les cinq ans en moyenne, se veulent avant tout préventifs. « Préventifs et même protec­teurs, ajoute Marc Ellies. Nous n’avons pas vocation à sanctionner, mais à aider au contraire les experts-comptables en les « challengeant » dans leur exercice professionnel pour nous assurer qu’ils respectent les normes et les bonnes pratiques. Nos recommandations, nos conseils, la mise au jour de leurs erreurs, de leurs failles, de leurs méconnaissances des textes aussi, sont censés les mettre ou les remettre sur le bon chemin. »

« Un enrichissement perpétuel »

Par-delà les recommandations souvent formulées, se révèlent aussi, parfois, des observations, signes ostentatoires de manquements graves aux exigences de bonne conduite du métier d’expert-comptable. « Lorsque, sur un rapport, figurent de telles observations, nous assurons un suivi de celles-ci ou un second contrôle, pour vérifier que tous les points négatifs mis pré­cédemment en lumière ne sont plus d’actualité. C’est un peu le principe d’un contrôle technique automobile dont les conclusions imposeraient des réparations rapides avant contre-visite. Et tout cela est fait dans le seul intérêt du confrère, pour l’éveiller à la nécessité de se protéger pour être en capacité de pérenniser son activité. »

Parfois, reconnaît Marc Ellies, les contrôles effectués ont cet autre mérite de « sortir de l’isolement » des confrères éloignés de toute information, de toute communication, de l’institution elle-même. « Nous sommes un peu des facilitateurs de rapprochement, assume l’intéressé. Et puis, aussi, des oreilles à l’écoute des difficultés, des doutes, des craintes des uns et des autres. Parce que l’échange est toujours confraternel, il nous ouvre aussi les yeux sur nos propres difficultés, nos propres doutes, nos propres craintes. Car après tout, nous faisons le même métier. J’avoue qu’en vingt ans de pratique, j’ai aussi beaucoup appris des erreurs des autres, j’ai grandi à leur côté, je me suis parfois inspiré de leurs réussites, de leurs méthodes de fonctionnement. Être contrôleur, c’est un enrichissement perpétuel. » En douteriez-vous encore ?